lundi 8 février 2016

Masques


Mascarade par Laure Albin Guillot

Art officiel ?


- Pour les cent ans de la bande à Tzara, vous avez prévu un petit quelque chose à côté des entreprises fonctionnaires de muséification de ce qui est aujourd'hui l'art officiel ?
- Dada... und da !
- C'est tout ?
- C'est suffisant. Tout cela est devenu assommant. Depuis que le Marcel (Duchamp) - par ailleurs bon peintre piochant chez les futuristes - a collé son foutu urinoir aux cimaises d'une galerie, on patauge dans la bêtise, la paresse et l'escroquerie. Un siècle que ça dure. Un temps, j'espérais que les punks secoueraient ces complaisances, mais je prenais mes désirs pour la réalité. Le conformisme a chloroformé le milieu de l'art post-bidule. A part la cote de certains artistes, rien n'a bougé. Quel ennui. Il ne manque que la dépouille empaillée du brave Tristan Tzara, homme approximatif à l'entrée du Cabaret Voltaire de la Spielgasse devenu un bar à gogo (sans les girls, hélas !) dûment mentionné dans les guides branchés pour les nouveaux nomades, ces touristes qui picorent sans se nourrir en se donnant des airs de rebelles revenus de tout sans être partis nulle part. Zang Tumb Tumb !

dimanche 7 février 2016

Gym Tonic : la méthode à Cyd




Pour secouer ma flemme dominicale, je m'administre cette séquence de It's Always Fair Weather co-réalisé par Gene Kelly et Stanley Donen où notre Cyd, sensuelle et tonique, met en émoi une salle de boxe juchée sur des escarpins. Quel talent !

vendredi 5 février 2016

Americana






J'aime les clichés de Larry Niehues parce qu'ils semblent intemporels et qu'ils le sont vraiment. Ils auraient pu être captés sur les routes nord-américaines il y a dix, vingt ou même cinquante ans.
Dans la b.o., Your sweet love, un des plus beaux titres de Lee Hazlewood. Il est extrait de l'album The Very Special World Of Lee Hazlewood (1966) que l'excellente maison Light In The Attic a réédité avec un soin jaloux. Le son remasterisé est une pure merveille. Je l'écoute en boucle depuis dix jours.
Restons dans le registre des grandes chansons mélancoliques avec une autre compo de Mister Hazlewood, l'incomparable Summer Wine en duo avec Nancy Sinatra.

Source scans

jeudi 4 février 2016

Ceux qui s'exposent


C'est dans un ravin des Andes péruviennes où il effectuait un reportage photo que s'acheva brutalement la vie de Werner Bischof le 16 mai 1954. Le co-fondateur de l'agence Magnum avait déjà fait montre de son impeccable vista en captant des images durant la Seconde guerre mondiale puis dans le monde en mutation et dangereux (déjà !) du temps de la guerre froide. Jeune photographe passionné, après s'être frotté aux recherches formelles, il accepta des commandes pour la mode. (scan ci-dessus d'un travail à Zurich en 1941). Reconnu de son vivant, malgré une trajectoire tragiquement abrégée, il figure aujourd'hui parmi les grands photo-reporters de la seconde moitié du XXe siècle. 
Le Musée de l'Elysée lui rend hommage avec une sélection de tirages à contempler jusqu'au 1er mai 2016. Je vous en reparle après ma visite.

Q : Pourquoi avoir retenu une image en couleur pour l'affiche de l'exposition de ce maître du noir/blanc ? Un choix curieux.

lundi 1 février 2016

Plop !


En 2016, à chaque jour sa baudruche. Un programme ambitieux, certes, mais une mesure de salubrité publique. Comment procéder ? Par domaine d'activité. Pensez proximité. Pour plus d'efficacité, munissez-vous d'un objet dialectique pointu et plop !

mercredi 27 janvier 2016

The smokin' days


A quelques vieux complices,
Mots de passe, fumée, vinyl, miroirs, private jokes,... On était bien.
C'est mieux comme ça. Tout le reste...

***

Morgue pleine. Extrait d'un mail de David P. reçu le 29 janvier :
(...) John Trudell est décédé en décembre dernier, dans une indifférence générale (c’est tout l’histoire indienne) J’aimais bien le personnage rebelle et son spoken word à la Lou Reed. Ce matin, on apprend la mort de Paul Kantner. Qui n’a pas vibré sur Somebody To Love ou White Rabbit ? Ne serait-ce qu'à travers le film Las Vegas Parano. En plus, le Jefferson Aiplane avait deux atouts : le jeu de basse parfait de Jack Cassady et la très belle Grace Slick. Et cette semaine, il y a eu Black (Colin Vearncombe). Pour ma génération (15/16 ans en 1987), son tube "Wonderful Life", et son clip, un modèle d'esthétisme, c'était toute une époque, révolue à présent. Pour moi, il avait écrit la chanson mélancolique parfaite. (...)

It's a Wonderful Life

The Night is calling


J'aimais travailler la nuit à la radio enfermé volontaire dans ma bulle. Durant les nuits off, je cherchais à dissoudre les angles trop aigus de l'existence dans des bars, des salles de concert et des boîtes oubliées. Je poursuivais des fantômes délicatement parfumés juchés sur des talons aiguilles. J'aimais la nuit, avant.

Note : Je vous invite à écouter les versions de How Did He Look proposées par Debout. Je ne peux pas découvrir la première because la géo-localisation : la Suisse étant plus libérale que la plupart des pays d'Europe de l'Ouest en matière de droits, YT empêche les Helvètes underground amateurs de belles chansons d'avoir accès à certains titres. Parmi les trois autres, ma préférence va à celle de Julie London toute de retenue sensuelle.

Photo : Herbert Dombrowsky

lundi 25 janvier 2016

The Smokin' Days : Take A Break


- Delicious !
Par Jim Backus & Friends. C'est sympathique mais ces jours, je préfère la langueur lounge et jazzy de Miss Sallie Blair que je ne connaissais pas avant l'envoi de Debout également responsable du titre de Jim Backus.
A ceux qui trouvent que tout ça manque de punch, je propose Stagger Lee par Wilson Pickett, une reprise sur laquelle on a usé quelques paires de creepers.
A plus loin.

Illustration : McGinnis

dimanche 24 janvier 2016

Ceux qui nous quittent


David m'a appris la disparition - encore ! - de Dale Griffin, le batteur du line up originel de Mott The Hoople, un groupe qui évolua à la croisée des genres. Formé en 1969 autour de Mick Ralphs et Ian Hunter, le groupe incontrôlable sur scène fut un temps tricard auprès de certains organisateurs londoniens car ses concerts pouvait virer à l'émeute. Imprégnés de rock'n'roll 50's (Gene Vincent, Jerry Lee Lewis), de country-blues et de pop, portés par une exigence mélodique et esthétique - ils se changeaient pour monter sur scène -, Hunter et ses complices annoncèrent le glam et le hard rock. Avec son oreille d'avance, Mister Bowie ne se trompa pas lorsqu'il produisit l'album All The Young Dudes qui fut un disque de chevet pour Mick Jones (Clash) et Morrissey, entre autres héritiers revendiqués. On retrouve Mott The Hoople grâce à une captation pour Pop2 en 1971 à la Taverne de l'Olympia et dans un documentaire sur l'histoire et l'influence du groupe.

Montage photos : The Daily Mail

samedi 23 janvier 2016

Belle (de) nuit


La ravissante Jill Haworth dans The Haunted House of Horror - son titre français est Abominator (?) - réalisé par Michael Armstrong en 1969. Cette série B proche du nanar raconte la décimation en deux mouvements d'une bande de gandins et de gourgandines blasés du swingin' London finissant dans un manoir réglementairement hanté de la campagne anglaise. Frankie Avalon figure également au générique. La bande-annonce.
On en parle sur ce site.

Q : Si c'est aussi mauvais que l'auteur de la recension l'affirme, pourquoi en parler ? Pour le plaisir que procure la vision de Jill Haworth avec ses bougies et sa clope. Certain jour, une photo... Vous savez la suite. De plus, les recherches sur le titre m'ont fait découvrir un site sympathique.

vendredi 22 janvier 2016

Ceux qui nous quittent




Ettore Scola, 1931 - 2016

La séquence tango du Bal me plaît toujours autant.
+ Quelques images qui n'ont pas de lien direct avec le film - ou son réalisateur - mais qui (me) donnent envie de glisser sur un parquet bien ciré.

(Pour15minutes devrait lancer un cours de danse de salon virtuel : cha cha cha, tango, rumba, valse, mambo, boléro, java, paso doble...)

jeudi 21 janvier 2016

Pochettes de la semaine




Choisies avec un soin jaloux, elles sont particulièrement éprouvantes mais le pire du pire est encore à venir, petits veinards !
Une source
Dans le jukebox, un titre par Henri Salvador, notre James Brown en capacité d'entonner des textes aussi "cons" que ceux du Godfather of Soul (...) Il y a là, niché au creux de cette production naviguant entre approximation et je-m'en-foutisme, cette trouvaille, excellent gimmick, de la boîte à rythme version Chipmunks couplée à une guitare jazzy version Hot Club de France.... chapeau ?
(Debout)

"J'étais cigare !" (Ceux qu'on verra)



Paulina Dalmayer écrit tout le bien qu'il faut penser de Little Blue Girl, le doc' que Amy Berg a consacré à Janis "Pearl" Joplin. Sortie en salle ces jours.
La bande-annonce

Note : J'avais 16 piges quand j'ai reçu une claque rock magistrale en découvrant le documentaire Janis réalisé par Howard Alk en 1974. Lecteur assidu de Rock&Folk, j'avais été emporté par l'enthousiasme de la rédaction qui vantait les mérites du portrait de la rockeuse disparue quatre ans auparavant. Attiré par l'odeur de souffre et la réputation de bad girl qui nimbaient la chanteuse déjà légendaire, je suis allé voir le film avec quelques copains. On n'a pas été déçus. Bien sûr, il faudrait le revoir aujourd'hui mais je conserve un très bon souvenir de sa projection au cinéma Cosmos*, l'unique salle de la cité satellite de Meyrin dans la banlieue genevoise.

* Un nom qui fleurait bon les 60's. La salle était monochrome, un beau bleu nuit. Le cinéma a disparu, liquidé lors des réaménagements postmodernes.

The Smokin' Days (dans ma boîte@mails)


Arrêt du tabac : on supprime la fumeuse ! Cette méthode radicale est suggérée par Yaya.
Pour aller avec, une séquence de Helle For Helene, un film danois de 1959 avec Birgitte Price.

lundi 18 janvier 2016

Toto aime la télé


Ce soir, je vais me laisser tenter par le doc' Paris, années folles de Fabien Bézat et Vincent Labaume à 20h55 sur FR3.
...
Je passe sur la colorisation systématique d'images tournées en noir et blanc; elle a ses partisans et ses détracteurs qui ont déjà eu l'occasion de débattre ailleurs d'un procédé que je trouve poussif et surtout intrusif. C'est un peu comme si on annotait aux crayons de couleur des archives papier pour les rendre plus attrayantes à un public contemporain. Ce film de montage vaut essentiellement pour la rareté de certaines images formidables jamais vues (par moi en tout cas) et de sons enregistrés comme les quelques secondes magiques où on entend chanter Kiki de Montparnasse. En revanche, le commentaire est assez décourageant car il plaque sur une époque ô combien complexe - ces 20's si remuantes propices à tous les crossovers - une grille de lecture antifa' obsolète avec ce qu'elle implique de clichés et de réductions pataudes. En résumé, on nous ressort les sottises manichéennes sur les gentils révolutionnaires surréalistes contre les affreux réactionnaires des ligues (soupir) qui firent le lit du fascisme et du nazisme*. Est-il si difficile de comprendre, par exemple, qu'un Léon Daudet, au delà des fractures partisanes, ait pu défendre Proust dans sa chronique de l'Action française, un feuilleton littéraire que dévorait Aragon entre autres poètes de l'avant-garde ? Malgré cela, je vous invite à voir ce film pour la force des images inédites - celles de Joséphine Baker sont toujours un bonheur -, les extraits de chansons (Fréhel, Kiki,...) et une séquence jazz avec Sidney Bechet qui plongent le téléspectateur dans une époque où l'anti-conformisme était la seule règle chez les élites artistiques et littéraires. Heureux temps...

* Le nazisme est mort et il ne reviendra plus en dépit des vigilants efforts de ceux qui ont connu la grâce d'une naissance tardive et qui rêvent d'affronter le monstre pour montrer de quel bois résistant ils se chauffent.  Alain Finkielkraut, Un cœur intelligent, Stock/Flammarion, 2009

Photos : L'Argent de Marcel L'Herbier et la Tour Eiffel illuminée pour l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes en 1925.

dimanche 17 janvier 2016

Perles pop (nos intemporels)



La petite perle pop Love At First Sight gravée par The Gist en 1982 n'a pas pris une ride car sa production n'est pas alourdie de ces synthés patauds qui plombent et datent tant de disques d'une décennie dans l'ensemble assez, hum, pénible. Je l'ai aussi déposée pour illustrer l'expression "pop pastel", une appellation que l'on accolait à des groupes tels Young Marble Giants, Everything But The Girl ou encore la chanteuse Isabelle Antenna qui, dans l'ensemble, tiennent joliment la route et résistent aux outrages du temps et aux comparaisons avec les productions actuelles. Cela pour rappeler que les poussives 80's sont sauvées par quelques pépites que le label Rough Trade, entre autres passeurs, eut le bon goût de signer au début de la décennie.

Photo : Stanley Kubrick

samedi 16 janvier 2016

Bal meublé



Chic ! Ce soir, on organise une party pour étrenner la nouvelle moquette.
Sur la hifi, Jazz For The Jet Set de Dave Pike accompagnera les premiers coquetèles. Ensuite, les plus audacieux redécouvriront les compositions de Cluster avec Brian Eno.
Bon week-end.

vendredi 15 janvier 2016

Hair Attack


Les improbables constructions capillaires portées par cette chère Tracey dans ses clips (et dans la vraie vie) rempliraient à elles seules la rubrique Hair attack aussi j'ai décidé de leur rendre l'hommage qu'elles méritent. Je vous invite à plonger avec votre brosse à cheveux en guise de micro dans quelques uns des tubes qui donnèrent du peps à nos 80's et remplirent le tiroir-caisse du label Stiff. On commence avec Move Over Darling suivi de Breakaway et on termine avec sa reprise de Madness My Guy.

mercredi 13 janvier 2016

Résolution (bonne)


Cette année, on ne se prend plus la tête; on agit.

Dans le jukebox, Bigmouth strikes again, un superbe titre intemporel des Smiths proposé par Mlle Julie.

Donc cette année, on ne se prend plus la tête; on reprend la discographie des Smiths. ;)