jeudi 23 octobre 2014

Dans ma boîte @ mails


Impossible de résister au plaisir de partager ces deux pochettes proposées par Yaya qui a joint à son envoi un titre soul de The Legendary Tigerman, un sujet portugais remuant, en compagnie de Lisa Kekaula.

Note: Il faut patienter quelques secondes avant le début du morceau.

Comme on les aime (vinyl addict)


On peut se saouler de titres be bop, blues, rythm'n'blues, boogie ou jazz - tous de haute époque, off course - sur ce blog remarquable. Ses sélections "pied jaloux" à écouter en ligne ou à télécharger sont autant de petits remparts sonores contre les assauts de la laideur et de la bêtise dans la musak mondialisée.

L'illustration est de McGinnis.

mardi 21 octobre 2014

Belle (de) nuit


Sur la b.o., nos copines The Cookies chantent Softly In The Night.

Je viens de recevoir Chains/The Dimension links 1962-164, une compilation éditée par RPM Retrodisc. Rien ne vaut une douche sonore par ce trio pop suprême pour ragaillardir l'âme du vestige analogique.
Pourquoi The Cookies suscitent encore un tel engouement chez les amateurs de pop-soul ? Elles furent en quelque sorte le mètre étalon du concept de girl group à la fin des années 50 et surtout au début de la décennie suivante et leurs interprétations des titres composés par le redoutable duo hit maker Carole King et Gerry Goffin ont un petit quelque chose de plus que celles de leurs consœurs. Les Cookies furent aussi les choristes de Ray Charles sous le nom The Raelettes.

Photo: Catherine Gauthier

Ceux qui nous quittent


René Burri, Les Allemands/Die Deutschen (fin 50's - mid 60's)

lundi 20 octobre 2014

Just For Pop


Les archivistes de Life ont exhumé des clichés des Kim Sisters, un trio de Sud-Coréennes lâché sur les plateaux télé qui fut la coqueluche de l'Amérique à la fin des 50's et au début des 60's.
Et les chansons ? A dire vrai, elles sont décevantes si on les compare aux photos des reportages, pop et crunchy. Les mignonnes avaient une bonne agence de comm'.
J'ai choisi China Nights... Par trois Coréennes, normal.

De l'été en rab'



On en profite !
A plus loin

samedi 18 octobre 2014

Comme on les aime



Le samedi, on chine:
Un beau meuble télé Sparton 3-Way "Imperial" avec pick up, radio et haut-parleur vers 1965 ou le combiné tourne-disque radio sur lequel Brian Jones jouait ses rondelles préférées. On peut maintenant regarder ce documentaire consacré au photographe pop Brian Duffy, The Man Who Shot the Sixties.

vendredi 17 octobre 2014

Retour vers le futur: peek-a-boo !



Mais si, coucou !

Depuis les premiers 45t irrévérencieux*, Devo est capable de redonner la niaque à l'auditeur le plus neurasthénique grâce à son rock-pop post dada cinglé. Parmi les différentes époques des zinzins d'Akron dans l'Ohio, j'ai un faible pour cette pochette illustrant leur période egg men & cosmic potatoes (!)
En prime et très en place, un best of live. Cette vidéo offre la possibilité de pratiquer seul ou en bonne compagnie la version Devo du pogo ou danse du pois sauteur énervé. Les jambes serrées et les bras bien collés, vous sautez le plus haut possible en cherchant à vriller le corps à partir de la tête. Pour cela, je recommande l'usage de creepers ou de baskets à grosses semelles. Boing Boing !

* En 1977, leur reprise insolente de Satisfaction dévalua des rayons entiers du rock de l'époque. C'était excitant, je veux dire vraiment excitant.

Nos aventurières




Honor Blackman en 1949 à Londres.

Le pied de l'engin est mis mais l'actrice britannique a tout de même fière allure sur sa Norton. On retrouve notre aventurière dans un montage réalisé à partir d'un épisode de la série The Avengers/Chapeau melon et bottes de cuir des saisons 2 et 3, années 1962-64. Elle interprète le Dr.Catherine Gale, une anthropologue et la première partenaire féminine de John Steed. Dotée d'un humour délicieux, elle pratique le judo et incarne la femme moderne en phase avec les changements socio-culturels de la Grande-Bretagne au début des 60's. Est-il nécessaire d'ajouter que le cuir lui sied à merveille... ?
Belle journée

Source scan:
Le site pop vintage FlashbaK (une bonne adresse) consacre une page à des acteurs et actrices britanniques photographiés juste avant la célébrité.

mercredi 15 octobre 2014

Belle (de) nuit



Will I see you tonight on a downtown train?
Where every night, every night it's just the same, oh baby
Will I see you tonight on a downtown train?
All of my dreams just fall like rain, all on a downtown train
All on a downtown train, all on a downtown train

Une chanson parfaite/a perfect song

Toile: Nigel van Wieck, Q-Train

Le pire du pire: la pochette de la semaine...



... A été envoyée par Olivier A.
Elle est terrifiante. Ces chaussettes tuent l'amour, le détail qui flingue !
Une petite recherche m'a appris que c'est l'œuvre (?) d'un duo comique batave. Donc, le mauvais goût et le second degré sont voulus, ce qui n'ôte rien à l'impact de la pochette.

mardi 14 octobre 2014

Osez Joséphine !





Paul Colin, illustrations pour les mémoires de Joséphine Baker (1927)
Source

Pour aller avec, The Way You Look Tonight par Bryan Ferry. Swing, élégance, exigence... C'est Fred Astair qui l'a créé en 1937. Percussion d'époques mais un même feeling.

lundi 13 octobre 2014

Nice Boys Don't Play Rock'N'Roll


Si j'ai bien suivi, Mark Lanegan dont il n'est pas aisé de rassembler la discographie complète tant il a multiplié les collaborations ces dernières saisons, a sorti No Bell's On Sunday*, un EP vinyl 5 titres et sortira le 20 octobre Phantom Radio, un nouvel album avec le Mark Lanegan Band. Du second, j'extrais Harvest Home.
Vous me direz que c'est toujours le même refrain. Certes, mais qui a dit que le rock devait être "progressif" et/ou arty ? Les Cramps ont toujours fait les Cramps et personne n'y trouvait à redire, bien au contraire. Et puis, il y a cette voix, unique et passionnante, capable de chanter une page du bottin ou la déclaration d'un homme politique en restant fascinante. Le loner est de retour en ville - une tournée européenne est annoncée - avec deux recueils de compositions qui aideront les âmes inquiètes à passer l'automne et peut-être même un bout de l'hiver. C'est plutôt une bonne nouvelle.

* Sur ce titre, le contraste entre l'instrumentation un peu planante façon 80's tardives et la voix qui chante les écueils d'une vie cabossée me plaît bien.

Photo: Dave Jordano

dimanche 12 octobre 2014

Toto aime la télé



Le Japon est un pays dont les habitants, derrière la façade conformiste, vivent des passions exaspérées qu'ils ne peuvent pas exprimer en raison de la promiscuité familiale - plusieurs générations vivent souvent sous le même toit - et de la fameuse face. Alors, pour faire l'amour comme ça leur chante, les couples légitimes ou non trouvent refuge dans des Love Hôtels, une institution très fréquentée où l'œil d'une caméra documentaire n'avait jamais pénétré avant le film enthousiasmant réalisé par Phil Cox et Hikaru Toda. Les auteurs ont réussi à se faire accepter avec leur équipe de tournage par le personnel et surtout les clients fidèles du love hôtel Angelo à Osaka. Mieux, ils apparaissent tous à visage découvert. Mais la liberté sexuelle garantie par les hôtels d'amour est menacée. Un décret gouvernemental oblige les patrons et les gérants à entreprendre des travaux et des modifications. Les chambres à thème et la décoration stimulante sont dorénavant interdites. Ces restrictions mettent en péril l'existence des maisons. Sous prétexte que des hôtels illégaux offrent des services qui échappent aux contrôles officiels, l'Etat fourre son nez dans tous les établissements relayant des riverains soucieux de moralité formés en lobby pour exiger un renforcement de la législation. Ces militants de l'hygiéniquement correct ont manifesté devant des hôtels à Osaka. Parmi eux, l'hôtel Angelo...

A voir demain lundi à 21h35 sur RTS 2 et pendant sept jours en ligne. Durée: 75'

Ceux qui nous quittent


Mrs Wheel m'apprend la disparition dans une indifférence quasi générale de Jean Frapat, un producteur pionnier à la télé française. Dans mes meilleurs souvenirs de la boîte aux images qui bougent, son nom est associé à l'émission Du tac au tac, un cadavre exquis animé par les grands formats de la BD entre 1969 et 1975.
En hommage à Jean Frapat, j'ai retrouvé les deux planches de Gotlib qui a su résumer de manière fulgurante et vacharde le concept de l'émission. (Avec un clin d'œil à Reiser.)

Un billet qui contient un lien vers les émissions archivées par l'INA.

Source scans

samedi 11 octobre 2014

Ceux qu'on écoute


Avec le temps et après de multiples écoutes, Lady's Bridge est la composition que je préfère sur l'album homonyme de Richard Hawley sorti en 2007. Le songwriter a été inspiré par quelque chose - un départ forcé, une rupture ? - lié au plus vieux pont jeté sur la rivière Don dans le centre de Sheffield, sa ville natale où il réside toujours.
Quand il ne s'égare pas dans un néo-psychédélisme tardif, Richard Hawley incarne l'écriture pop rock britannique à son meilleur.

Photo: John Hooper

Agent double


La vie secrète de Milou.

(Aussi) Pour les pseudos des girls du burlesque d'avant: Martini Martin, Velvet Solange, Scarlet Ember, Rose La Rose ou mon préféré, Rita Atlanta.

vendredi 10 octobre 2014

La ronde des prix


Vendredi, jour off. Démarrage en douceur. Jus d'orange, café serré et tartines à la confiture de fraises de ma maman. Inégalable. La météo décourageante invite plus que jamais à la lecture.

Pour ceux qui entrèrent en littérature durant les années 70, l'auteur de La ronde de nuit et de Villa triste fut un passeur. Dans une chronique drôle et bien balancée, Jérôme Leroy salue "notre" Modiano nobélisé:
Patrick Modiano vient de recevoir le Prix Nobel de littérature. C’est plutôt une surprise. Cela faisait tellement longtemps que l’on attendait, à nouveau, un prix Nobel de langue française. On nous objectera que Claude Simon (1985) et Le Clézio (2008), ce n’est pas si loin. Encore faut-il s’entendre sur les termes. Claude Simon, opaque disciple du Nouveau Roman, donne l’impression d’être un écrivain ruthène qui intéresserait surtout des universitaires de Tasmanie tandis que Le Clézio a quelque chose d’un sympathique boy-scout, genre « safari signe de piste » avec illustrations de Joubert, le tout traduit d’un improbable dialecte toltèque. D’ailleurs, ces deux-là prouvaient bien les goûts habituels du jury Nobel en matière de littérature : soit l’expérimentation snobinarde élitiste, soit les bons sentiments mondialisés. Modiano, ce n’est ni l’un ni l’autre, c’est un écrivain qui n’a jamais rien eu à vendre, ni expérimentation de laboratoire, ni idéologie, ni bons sentiments, toute chose qui n’ont jamais donné de la bonne littérature.
La chronique

Juste avant de passer en mode off, j'apprends que Visible la nuit de Franck Maubert figure parmi les huit lauréats du Médicis (décerné le 4 novembre) dans la catégorie romans français.
A-t-il une chance auprès du jury composé de Christine de Rivoyre, Anne Wiazemsky, Dominique Fernandez, Patrick Grainville, Anne F. Garréta, Emmanuèle Bernheim, Michel Braudeau, Alain Veinstein et Frédéric Mitterrand... ?

jeudi 9 octobre 2014

Ceux qui ont la vista




The night is drunk.

Je n'ai plus le nom du photographe (?)
Il s'agit de Anders Petersen.
Merci à Dsata.

À venir: Love Hotel



Lui: J'ai une vie de m...
Elle: Libère ton esprit !

L'image et le dialogue sont tirés de Love Hotel réalisé par Phil Cox et Hikaru Toda. Cette perle documentaire sera visible le 13 octobre à 21h35 sur le second programme de la télévision suisse romande. On en reparle durant le week-end. En attendant, la bande-annonce.

Take A Break


Par Ezra Stoller
Source

Avant d'entrer en mélancolie*, je dois séjourner un temps dans le sas de décompression bricolé vaille que vaille au fil des saisons pour atténuer les effets sournois du bombardement constant de la laideur et de la bêtise post modernes.
A plus loin.

* La mélancolie est propice à la réflexion-réaction-création alors que la nostalgie donne sur une impasse.

mercredi 8 octobre 2014

Toto aime l'art



La fin de la peinture était proche, il le savait, c'était la fin d'un monde qui s'écroule tout court. Il était convaincu qu'on vivrait de moins en moins avec des tableaux accrochés aux murs. Il percevait puissamment le changement dans l'art, qui se jetait dans le vide sidéral du conceptuel.

Franck Maubert, Visible la nuit, Fayard, 2014

En-haut: Robert Malaval, Aliment blanc: deux moments successifs (De profil, puis de face), 1965

mardi 7 octobre 2014

Pour15minutes de Chic


Marie-Hélène Arnaud dans l'appartement de Coco Chanel en 1959 par Yurek.
(Séance photo pour Marie-Claire)

Source

Les premières lignes


À Paris, la première semaine du mois d'août, on peut écouter le silence. Etait-ce le 7 ou le 8 ?Le 9 ? Etait-ce la nuit ou le jour ? Personne n'a entendu la déflagration. Le bruit d'un pneu qui éclate, c'est ce qu'ont dû imaginer les rares habitants  du modeste immeuble  sis 15 rue du Pont-Louis-Philippe, dans le quatrième arrondissement. Et qui aurait pu deviner le son sourd d'un corps qui s'affaisse sur le sol ? Quand les hommes en uniforme, des flics ordinaires qui n'avaient pas pris leur congé, bleu lustré, bien trop chaud pour la saison, se sont présentés devant la porte du rez-de-chaussée et ont d'un coup de pied-de-biche fait sauter la serrure, le mot "Maintenant" scotché sur la porte s'est soudain détaché. L'un d'eux, le plus costaud, a reculé, éperdu d'étonnement et de peur. Exhalaisons fétides, puanteur de dépouille. Dans un été sec, combien faut-il de temps pour qu'un cadavre se décompose ? Combien ?
Après s'être épuisé à brosser en un mois une trentaine de toiles , en public, dans la fosse en béton du centre culturel de Créteil, Robert Malaval s'était donné le choix entre l'internement et le suicide. C'était son alternative en guise de vacances. Il avait donc choisi. Personne ne s'était soucié de lui dans les premiers jours de son absence. Il fallut une bonne semaine pour le retrouver allongé sur le dallage de tomettes rouges dans l'arrière-boutique qui lui servait d'atelier. Trente mètres carrés tout au plus. Il dormait là, sur un lit de camp en toile. Du camping. Il aimait cet anglicisme "camping". Un des tableaux s'intitule Camping gaz flash. Evidemment, il y avait quelque chose de Jumpin' Jack Flash. Quand les flics l'ont retrouvé la cervelle éclatée, ce n'était pas un titre des Rolling Stones qui tournait sur la platine, mais une chanson, un hymne en quelque sorte, de Richard Hell and the Voidoids. Du tranchant, du corrosif. Blank Generation, génération néant, génération vide.

Les premières lignes de Visible la nuit de Franck Maubert chez Fayard, 2014.
Du style et pas de gras: un roman français.

En haut: Robert Malaval, Kamikaze Rock, 1977 (acrylique et paillettes)

lundi 6 octobre 2014

Nos amis les robots...


... Ont les circuits sensibles. Ça, on le savait déjà, mais ce que l'on connait moins, c'est la passion de certains robots domestiques pour la musique electrö-ambient & repetitive telle que la conçoit - ou concevait (?) - Eno à qui ils vouent une admiration sincère parce que "lui, il [les] comprend."(sic) Pour15minutes vous invite à partager avec votre modèle DR6-interior un moment de pop culture en regardant ce documentaire BBC consacré au bidouilleur d'ambiances fameux qui débuta sa carrière au sein de Roxy Music.* Avec Nico, David Bowie, Ultravox, Devo, Talking Heads et aussi Bono - qui marche sur les eaux -, Pavarotti, Coldplay... Si durant les 70's et au début de la décennie suivante, Eno est intervenu dans la conception d'albums majeurs, je trouve qu'il s'est un peu, hum, dispersé par la suite. Le fisc, des pensions alimentaires ou plus grave, une perte de repères et de vista ? J'ai décroché durant le premier épisode U2. Comment le pionnier pop qui a enregistré Another Green World et les albums Ambient Music a-t-il pu prendre part à un bidule aussi pompier que Miss Sarajevo ? Ça laisse pantois.

* Bryan Ferry et ses complices ont sauvé le glamour dans le rock au début des 70's.

dimanche 5 octobre 2014

Comme on les aime




En parcourant les pages Movies Memoriabilia sur eBay à la recherche de visuels pour15minutes, j'ai repéré ces images de The Diabolical Doctor Z./Miss Muerte, une co-prod' franco-espagnole de 1966 réalisée par Jes(u)s Franco* d'après un script de Jean-Claude Carrière avec Estella Blain, Howard Vernon,...
La bande-annonce et un montage que je vous conseille de regarder sans le son car le morceau qui l'accompagne est assez pénible.

* Voir le billet précédent.

Au temps du CinéBis


Du 15 au 19 octobre aura lieu la 13e édition du Lausanne Underground Film & Music Festival (LUFF) qui, comme son nom l'indique, propose une programmation cinématographique et musicale atypique, riche et remuante. Peu au fait des nouvelles tendances dans le happening, les performances et les installations underground, je ne m'aventurerai pas à commenter cette partie du programme au risque de patauger et de perdre pied*. Je préfère me tenir là où j'ai mon fond, du côté des films dits de genre. Parmi les sélections, à l'occasion des vingt ans de l'ouverture de la Cinémathèque française au CinéBis, les fondus de séries B à Z pourront (re)voir des titres emblématiques tel le western sous psychotropes Matalo! de Cesare Canevari avec Lou Castel dont Laurent Aknin et Lucas Balbo parlent en ces termes: Matalo! a été violemment rejeté par les amateurs de western italien et a connu un échec commercial sans appel, avant de devenir un des premiers authentiques films cultes, possédant sa petite chapelle de fanatiques.** Je retiens également La Bête d'amour de Alfred Sole ou encore Les Démons du sexe de Jess Franco/Clifford Brown.
On en reparle.

La grille du programme, les événements (performances, concerts), les sélections, les expositions, les bandes-annonce et toutes les infos pratiques sur le site du festival.

* Si certains de mes estimés lecteurs ont des éléments à partager sur des artistes invités, je les déposerai avec intérêt et plaisir.
** in Les classiques du CinéBis, éd. Nouveau Monde, 2009

samedi 4 octobre 2014

Ceux qu'on lira


CARLTON

Chauffeur, chasseur, concierge; et puis, porte tournante;
Obscurité vert-mousse et parfums d'ascenseur;
Malles devant la porte; on peut entrer ? Attente...
- Comment ça va depuis le «Jardin de ma sœur»?

Lit défait. Souvenirs de la veille, et douceur
Des réveils où le soir entre par une fente
Des volets entr'ouverts; peau tiède; odeurs mourantes,
Bruits de l'après-midi, salle de bains, coiffeur...

J'ai vu ton corps d'hier ployer sur tes babouches,
J'ai mangé du Guerlain tout autour de ta bouche
Et j'ai bu la luxure au fond de tes yeux noirs;

Et j'ai pu respirer, volupté qui embaume,
Le bruit délicieux que font les souliers jaunes
Dans la clarté propre et sonore des couloirs.

Par Pierre de Régnier dont La Table Ronde vient d'éditer les Chroniques d'un patachon - Paris 1930 - 1935.

vendredi 3 octobre 2014

Celles qu'on écoute


La pianiste et chanteuse native de l'Ohio (1915) avait été repérée toute jeunette  par Fats Waller qui l'invita à se produire dans son show radio à Cincinnati durant des vacances scolaires. A 17 ans, elle prit le risque d'interrompre ses études pour devenir musicienne professionnelle, d'abord au sein de la formation de Fats qu'elle suivit à New York, puis en Europe où elle travailla durant trois ans entre Londres et Paris, en solo et avec les artistes de la revue Blackbirds of 1936. Cette même année, des Parisiens noctambules passionnés de jazz purent voir et entendre Una Mae Carlisle au Bœuf sur le Toit. Quand débuta ce qui allait devenir la Seconde guerre mondiale, Una Mae rentra à New York où elle obtint plusieurs hits comme musicienne de sessions et sous son nom. (A suivre)

Je remercie encore Debout de m'avoir fait découvrir cette chanteuse remarquable. Par les temps qui courent, la vieille bête que je suis apprécie d'être caressée dans le sens du poil. Son interprétation subtile et envoûtante de Beautiful Eyes ou There'll Be Some Changes Made - avec Lester Young - a l'effet d'un baume apaisant sur une âme malmenée. Rare.

Source biographique