vendredi 6 mars 2015

Ceux qu'on écoute toujours


Dans le Rock&Folk de mars, Nicolas Ungemuth consacre une recension à la réédition du premier album de Richard Hawley (2001). Il écrit:
Nous avions la certitude d'assister à la naissance d'un truc extraordinaire. Hawley n'a pas déçu: il est devenu, pour beaucoup, le musicien le plus génial, des années post-2000. (...) Il y a quelque chose de résolument fifties dans l'esthétique de Hawley, mais ce serait trop simple: ce n'est ni Roy Orbison, ni Gene Vincent. Dans ses disques il y a de la guitare baryton, de la lap steel en pagaille (admirablement utilisée), beaucoup de reverb, de la batterie jouée aux balais, des guitares acoustiques, et des Gretsch dans des amplis Fender. Et puis, il y a le gros morceau: cette voix. Une voix proprement sublime de crooner sobre. (Hawley ne fait pas d'effets de manche comme chez Scott Walker, David Bowie ou Neil Hannon.) Son phrasé est monstrueux, le trémolo à peine audible, superbement dosé. C'est un chanteur infernal.

Une petite note perso:
L'autre jour, évoquant l'état du monde avec un ami devant un verre de pur malt, on réaffirmait ne pas vouloir mourir pour sauver la grande distribution, le politiquement correct et le multimédia dévoyé; en revanche, les chansons de Mister Hawley méritent qu'on se batte afin de pouvoir les écouter encore longtemps.
Ashes on the Fire est celle que je préfère sur l'album Truelove's Gutter.

Photo: William Eggleston

mercredi 4 mars 2015

Ceux qui ont la vista


Teenage kicks par Sabine Weiss:
Deux ados dans un terrain vague en 1950.
Source

Et dans le jukebox. Charlie Feathers (1932-1998) était le rejeton d'une famille de métayers établis dans le Mississippi où il grandit imprégné de blues et de country, les deux sources majeures du rock'n'roll. Je le rappelle car l'importance de la country est encore trop souvent minorée quand elle n'est pas purement et simplement ignorée en raison d'à priori stupides et de clichés réducteurs. Happé par la musique, Charlie partit s'installer à Memphis où il enregistra un premier single dans le studio Sun de Sam Phillips qui l'édita sur un de ses labels (Flip Records) en 1955. S'il accompagna en tournée de grosses pointures telles Presley ou Perkins, Charlie n'obtint pas le même succès. Depuis le revival rockab' britannique du début des années 70 et aussi grâce à des fans obstinés devenus célèbres - les Cramps, Jeffrey Lee Pierce du Gun Club et même Bob Dylan -, il est aujourd'hui reconnu comme un talent majeur de la première génération hillbilly/country-blues.

lundi 2 mars 2015

Ceux qui nous quittent: Kim Fowley


Comme tous les grands cinglés du rock'n'roll, je croyais Kim Fowley immortel aussi quand j'ai appris sa disparition en janvier dernier, j'ai pensé qu'il nous jouait un nouveau tour à sa façon. Malheureusement, celui qui fut et restera un des parrains du punk rock a réellement tiré sa révérence à 75 ans, mais quelle vie ! Petit hommage pour15minutes en quelques billets auxquels je joins le titre Bubblegum.

Dans ma boîte @ mails



Une image de La peau douce de François Truffaut avec Françoise Dorléac superbe et Jean Dessailly plutôt bien dans le rôle du type dépassé par la sensualité affolante de sa jeune maîtresse. Les extraits visibles sur YT donnent envie. Pourtant à sa sortie, le film fut éreinté. Premier malentendu - il y en aura d'autres - entre Truffaut et ceux qui attendaient... Quoi, au juste ? Godard aussi fera un film plus traditionnel, Le Mépris. Bien sûr, c'est un chef-d'œuvre dont je me repasse une ou deux séquences quand le moral est en berne. Quoiqu'il en soit, il faudra (re)voir La peau douce pour savoir si le temps...

Pour aller avec, Lover* par James Naldo capté dans un studio australien. (reçu ce matin) De ce chanteur des antipodes, je ne sais presque rien à part qu'il est basé à Port Stephens en Nouvelles Galles du Sud et qu'il écume le circuit des clubs, le seul parcours formateur. Une bonne voix que j'aimerais écouter dans une compo personnelle. A suivre.

* Un titre de Jerrod Niemann

samedi 28 février 2015

Dans ma boîte @ mails: transports


Le cinéma est un transport en commun.

Jean-Luc Godard

Le visuel et la b.o. sont aimablement fournis par Yaya.
Bon ouikend

Au temps du cinéma


A Paris en 1959 par Pierre Boulat. Jolie môme...
Autre monde englouti.
Pour retrouver un peu du Paris d'antan qui fut le matériau des tough boys de la Nouvelle vague, je suis forcé de passer par la fiction.

Lors de mon dernier séjour à Paris début février, quelque chose d'essentiel avait disparu: l'odeur si singulière de la capitale. J'ai eu l'impression que la ville avait été lessivée de tout ce qui pouvait rappeler avant. C'est triste et ça peut même devenir angoissant.

Nivellement, massification, acculturation... Les gens et les choses qu'on aime n'intéressent plus grand monde. On fait de la résistance, par réflexe, pour ne pas sombrer complètement et sentir qu'on existe encore, mais les carottes sont cuites.

jeudi 26 février 2015

Gym Tonic: la méthode à Pérez Prado





Pour une séance de remise en jambes indispensable avant le retour du printemps, retrouvons le "roi du mambo" et son orchestre dans El Pachuco Bailarin.

Sur les pachucos qui ont popularisé le zoot-suit - porté avec classe et humour par Cab Calloway -, on lira cette page. Dans les 80's, Kid Creole relança le style. En attendant le printemps, un peu de lumière encapsulée.

Backstage: just for foot



Grâce à Dsata, nous pouvons nous jeter aux pieds des actrices.
Ici, June Knight
Je vous donne le bonjour.

mercredi 25 février 2015

Au temps du cinéma


Martin Sheen et Dennis Hopper dans Apocalypse Now de Coppola sorti en 1979.

(Au cinéma) Entre la réalité et la légende, il faut toujours choisir la légende.

André S. Labarthe

lundi 23 février 2015

The Night is calling


Fin d'un monde, celui de Chandler: Hollywood Hills en 1957. Le ruban lumineux, c'est Hollywood Blvd.
Source

En contemplant cette photo, je me rappelle que les barbares détestent la musique, le cinéma, le rire, le rêve, l'humour, la beauté... Tout ce qui nous a sauvés et nous sauvera encore car nous savons nous réinventer.

jeudi 19 février 2015

Belle (de) nuit


Nos princesses exotica:
Dolores del Rio par Steichen (1929)
Des images de Voyage au pays de la peur / Journey Into Fear co-réalisé par Orson Welles - qui fut son amant - et Norman Foster.

Ceux qui nous quittent



On retrouve Louis Jourdan (1921-2015) en compagnie de Senta Berger dans un premier extrait de Peau d'espion réalisé par Molinaro en 1967 et dans un second  où Bernard Blier est bousculé par des freaks. On notera que le jukebox sort indemne de la séquence, un signe de savoir-vivre.

mardi 17 février 2015

Lost Places


Port-Saïd en 1939 par Louis Brauquier, voyageur, poète, photographe.
(Le paquebot est Le Bernardin de St Pierre.)
Source

Il y a la mer et ceux qui l'écrivent, les écrivains de Marine. Parmi eux, Olivier Frébourg, l'auteur d'Un homme à la mer (folio 4526), un récit aux embruns où il évoque Le crabe-tambour, un roman devenu un grand film, en ces termes:

Je tiens "Le crabe-tambour" de Pierre Schoendoerffer pour l'un des meilleurs romans maritimes. Seul, je repasse souvent le film qu'il en a tiré, avec Rochefort, Perrin et Dufilho. Surtout la scène du début, l'appareillage de l'escorteur dans une aube grise, de Lorient. Un enseigne de vaisseau donne les ordres sur l'aileron de passerelle. Il suit une route dangereuse entre les coffres flottants. D'un coup, le pacha intervient: "Je prends." Il récupère la manœuvre, corrige la position de barre. "Merci, commandant", dit le jeune midship pour l'avoir sauvé d'une collision certaine. La réponse est d'un autre siècle: "Un officier n'a jamais à dire merci, ni à s'excuser devant un supérieur. Jamais ! C'est un de nos privilèges." (...) J'ai rencontré Schoendoerffer un jour au cours d'un déjeuner. Lui ai-je dit mon admiration ? Je ne m'en souviens plus. Nous siégeons tous les deux à un jury littéraire. Il porte un ceinturon de l'Armée rouge avec une étoile flambante au milieu. Il n'a lu aucun des livres sélectionnés. Mais il se lance dans des digressions et des commentaires pleins d'humour. On sent l'écrivain absorbé par son univers, indifférent à celui des autres. Cette insularité me plaît. Je ne force pas la conversation. Il a donné le meilleur de lui dans son roman.

En quittant la salle où nous avions revu Le crabe-tambour* au milieu des années 80, des copains cinéphiles un peu gauchistes me dirent leur admiration pour le travail du romancier-cinéaste. Ce n'est pas le moindre mérite de Pierre Schoendoerffer (disparu en 2012) que d'être parvenu à séduire des spectateurs à priori rebutés par les sujets qu'il empoignait: la vie des officiers et des soldats, la fidélité et la trahison, la valeur de la parole donnée, les guerres coloniales,...

* Sorti en 1977.

Ceux qui s'affichent




Le graphiste Mike Joyce installé à New York est un petit malin. Il a eu la (bonne) idée de recomposer des affiches pour des concerts de rock historiques à la façon de l'école Swiss Style & Design qui fit florès des années 50 aux années 70. Un collègue a commandé des tirages. Il m'assure qu'ils sortent très bien sur un frigo, un mur ou tout autre support.

Quelques affiches originales dans ce Swiss Style que le monde entier nous enviait. Cocorico !

(Merci à Franck)

dimanche 15 février 2015

Transports



Un dimanche de 1930 dans le port de Tampa en Floride. La jeune femme, une "vieille" flapper (déjà !), est mélancolique. Elle sait que le temps de l'insouciance est mort l'année précédente.

Cette photo de Clifton R. Adams donne envie de lire les poèmes de l'écrivain voyageur Henri J.-M. Levet découvert grâce à Jane.

vendredi 13 février 2015

The smokin' days


On retrouve notre Elke en hôtesse au charme et à l'efficacité redoutables dans Deadlier Than the Male, une production britannique sortie en 1967. La chanson de la b.o. est interprétée par The Walker Brothers. Vous vous en souciez comme de votre premier 45t des Poppys ? Vous avez certainement raison mais si depuis 1971, Oui, oui, tout a changé*, c'est le genre de petite précision qui me rassure... un peu.

Peut-on encore fumer à bord d'un jet privé en 2015 ? La question, j'en conviens, ne concerne pas la majorité des visiteurs pour15minutes (quoique ;), mais à l'ère de la traque impitoyable des consommateurs de tabac, je me demande si un client blindé a encore le droit d'en griller une durant son vol (privé) dans le ciel du soft goulag mondialisé.

* Année de sortie de la scie des Poppys Non, non, rien a changé. J'ai prié quelques fois pour que le mange-disque familial le dévore.